Extraits audiovisuels


Marie Dubois parle de Jacques Audiberti

Essai chanteur

Hélène Martin chante Jacques Audiberti

Musique : Hélène Martin 

J'en ai plein l'œuf de commenter l'ovaire
et le furoncle et tout ce qui s'ensuit.
Je veux pomper du vin dans un grand verre
et m'évader de l'asile de nuit.

Bon ! je le sais, que la vie est malsaine.
Je sais qu'elle est la grand mère des coups.
Oui, je le sais, qu'on crève dans la Seine,
faute d'amour, faute, des fois, de sous.

Mais j'en peux plus de porter dans ma tête
tous les tracas des compagnons humains.
C'est pas pour ça, mes parents, qu'ils m'ont faite.
C'est pas pour ça qu'ils m'ont donné des mains.

Ils m'ont donné des mains pour que je couse
sur un drap la fleur de ma pomme au four,
que je me fasse une gentille blouse
pour m'en aller du côté de l'amour,

non pas l'amour qui hurle et qui se griffe,
non pas l'amour qui tremble d'exister,
non pas l'amour penché sur l'hiéroglyphe
de cette vie, arche d'atrocité,

mais l'amour simple au fil d'une balade,
avec un type. Il me dit mon petit.
J'aime le flan, il aime la salade.
On va sur terre. On s'embrasse assorti.

Étrenne-moi car je suis une femme.
Serre bien fort, que t'es plus grand que moi.
Ne parlons plus de la mort ni de l'âme.
Jouissons-nous sans nous creuser pourquoi.

-Tiré de: Ange aux entrailles

Vera Cruz

Christine Sèvres chante Jacques Audiberti

Musique : Jorge Milchberg

Ce petit qu'il faut qu'on fusille
on le mena devant la croix.
Cigarettes, blancheur de fille,
il tira, de sa poche, trois.

Une, il la mit à son esgourde,
l'autre à sa lèvre, et puis, en l'air,
il jette son chapeau qui tourne
comme le soleil du désert.

La troisième, soit une sainte,
sur le calvaire il la perdit.
C'est elle qui poussa la plainte
Puisque les hommes n'ont rien dit. 

Tiré de: Des tonnes de semence