Extraits audiovisuels


Le Mal court de Jacques Audiberti

Le Mal court, pièce la plus jouée d'Audiberti, est l'histoire de cette jeune princesse qui s'éveille à l'immense tricherie du monde. Bafouée dans son corps et dans ses espérances, elle enfourche avec vigueur le cheval du mal.
La pièce est d'habitude filée comme une comédie rafraîchissante et vivifiante, où la truculence et l'humour nous sauvent de tout désespoir.
Christine Berg a choisi d'utiliser la force poétique de la langue d'Audiberti pour  nous retourner l'âme et les  sens. Le spectateur est saisi par le  destin tragique de ces deux jeunes gens, roi et princesse, sur lesquels pèse le lourd fardeau des nécessités politiques et des arrangements entre puissances. Nous sommes profondément atteints  et captivés par une mise en scène d'une violence sensuelle confondante.
Le texte d'Audiberti prend chair en se dépouillant devant nous. De longs intervalles non parlés, durant lesquels le tourment croissant des personnages est porté par une musique fatidique d'expression russe,  nous suggèrent l'imminence du drame en nous conditionnant très intensément.
Dès le premier coup de gong sinistre du début, apercevant la tête sanglante de buffle qu'Alarica prend dans ses mains et qui n'est autre que son rêve de mort du début de la pièce, nous savons que nous serons tenus en haleine jusqu'au bout, dans une sorte de suspense irrésistible.
La jeune femme caresse un autre projet : le rêve beaucoup plus romantique d'avoir un enfant, et le petit landau qui traverse la scène avec elle symbolise joliment son idéal si pur.
Ces innovations scéniques sont très parlantes et bien venues. Des visions colorées et des effets spéciaux - comme les suaves vapeurs de phosphore - forment un ensemble spectaculaire avec l'intrigue.
Pauline Deshons est une Alarica qui grandit, apprend et lutte avec passion. Maltraitée dans ses sentiments, elle ira jusqu'à un paroxysme suffocant, rarement égalé dans la tradition des mises en scènes de cette pièce. Autour d'elle les deux rois, les maréchaux et cardinaux, la gouvernante et les gens de la police fabriquent avec  bonheur la toile de la  splendide féérie dans laquelle ils sombreront tous.
Quelqu'un avait dit : « Le théâtre d'Audiberti c'est la réalité toute nue ». La compagnie Ici et Maintenant  insuffle une nouvelle force à ce drame si réel, prenant et entraînant.        

Laurent Ponty 

Interview de Jacques Audiberti

Entretiens avec Georges Charbonnier, France Culture  en 1962

Editions Gallimard,  Paris, coll. Blanche, 1965, 174 pages

Chanson pour le maçon

Claude Nougaro  et Jacques Audiberti

Jacques Audiberti

dites-moi que faire
Pour que le maçon chante mes chansons

Eh bien, mon petit, va-t'en chez mon père
Il te le dira, il était maçon
Dans le vieil Antibes, derrière la mer
Il a sa maison, rue du Saint-Esprit

Rue du Saint-Esprit, j'y suis allé hier
Votre père est mort, Jacques Audiberti

Bien sûr, mon petit, mais je voulais dire
Chante tes chansons devant sa maison
La pierre a du coeur puisqu'elle fait des murs
Ils ont des oreilles rue du Saint-Esprit

Jacques Audiberti, je suis enroué
D'avoir trop chanté rue du Saint-Esprit

Alors mon petit, que s'est-il passé ?
Est-ce que ta salade plaît à la façade ?
Que t'ont dit les marches quand tu chantais l'air
Et les volets verts se sont-ils ouverts ?
Le vert des volets devint-il du verre
Quand tu as chanté rue du Saint-Esprit ?

Jacques Audiberti, le vert des volets
Est resté de bois, rien ne s'est passé
Mais je reviendrai dans le vieil Antibes
Oui, je reviendrai devant la maison
Chanter pour les marches, chanter pour les murs
Pour le coeur des pierres et pour le maçon
Oui, je chanterai rue du Saint-Esprit
Où vous êtes né, Jacques Audiberti

Paroles: Claude Nougaro. Musique: Jacques Datin 1965 © Edition du Chiffre Neuf

 

La chanson de Zouizoui

Claude Nougaro chante Jacques Audiberti

Musique : Claude Nougaro et Maurice Vander  

Nous n'avons pas de passeport.
Peut-être ce n'est pas la peine... 
On va partout quand on est mort... 
On glisse mieux sans une chaîne... 
La rivière conduit au port... 
Un cadavre n'a jamais tort... 
Monde de fer ! Terre de l'or, 
adieu !... 

Adieu ! J'ai fini ma semaine 

Tiré du roman Septième

Les filatures chanté par Frédéric Pagès

Fontenay aux Roses par Maxime le Forestier

  • Maxime Le Forestier cite Jacques Audiberti

Vous êtes si jolies
Quand vous passez le soir
À l'angle de ma rue,
Parfumées et fleuries
Avec un ruban noir,
Toutes de bleu vêtues.
Quand je vous vois passer,
J'imagine parfois
Des choses insensées,
Les rendez-vous secrets
Au fond d'un jardin froid,
Des serments murmurés.

Le soir, dans votre lit,
Je vous devine nues.
Un roman à la main,
Monsieur Audiberti
Vous parle d'inconnu.
Vout êtes déjà loin.
Vos rêves, cette nuit,
De quoi parleront-ils ?
Le soleil fut si lourd.
Demain, c'est samedi.
Je guetterai fébrile
Votre sortie du cours.

Dimanche sera gris.
Je ne vous verrai pas,
Pas avant lundi soir.
Où serez-vous parties ?
Qui vous tiendra le bras ?
Que vous fera-t-on croire ?
Je crois que je vous dois
De vous faire un aveu :
Petites, écoutez-moi.
C'est la première fois
Que je suis amoureux
De tout un pensionnat.

Paroles : Kernoa
Musique : Maxime Le Forestier
© 1973 by Éditions Coïncidences