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Grand Prix Jacques Audiberti 2018

« Sylvain Tesson fait une nouvelle déclaration d'amour à la planète maltraitée par ses habitants. Lui en confier le sort  ne serait pas une mauvaise idée. Il la nettoierait de ses déchets et de ses êtres néfastes, la débarrasserait de sa crasse, la ferait briller comme un sou neuf ».

 Vénus Khoury Ghata, Grand Prix Jacques Audiberti 2013, lors de la remise du Grand Prix Jacques Audiberti 2018 à Sylvain Tesson.

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Décerné par la ville d'Antibes et attribué par un Jury de femmes et d'hommes de Lettres présidé par Didier Van Cauwelaert, le Prix Audiberti a été remis, pour cette année 2018, à Sylvain Tesson pour l'ensemble de son oeuvre et, sans doute, plus particulièrement pour « Un été avec Homère », son livre le plus récent. Pour l'écrire il est allé vivre un temps sur une île grecque des Cyclades, ainsi correspondait-il aux critères de ce prix donné à un livre en résonance avec l'oeuvre de Jacques Audiberti et en rapport avec la Méditerranée.

Sylvain Tesson conseille de remettre à plus tard toutes les contraintes du quotidien et de fermer les écrans pour lire (ou relire) au plus vite « L'Iliade » et « L'Odyssée », afin de découvrir ces oeuvres différemment de nos versions grecques - si tant est que le grec ait été une des matières de notre programme scolaire. Il décrit Homère comme un génie qui aurait inventé la littérature, ou comme une collectivité de poètes conteurs. Il avance même la probabilité d'un « ravaudeur » qui aurait rassemblé dans un style admirable des récits de tradition orale.

Il estime que lire Homère est un plaisir et que c'est lui qui aurait dû recevoir le Prix Audiberti ! Audiberti dont il a fait l'éloge dans son discours de remerciements, admirant l'humour de ce « poète de la drôlerie ».

Son père, Philippe Tesson, célèbre journaliste spécialiste de la critique théâtrale, lui a transmis l'amour des mots. Mais ce sont ses voyages qui ont été sa source d'inspiration et ont stimulé son imaginaire, sans pourtant écrire ce qu'on appelle de « la littérature de voyage ». Sa recette du bonheur, c'est une fenêtre ouverte sur le Lac Baïkal au fin fond de la Russie. L'âme slave ne cesse de l'obséder, cependant il ne veut être accroché à aucun lieu, ni par aucun lien et n'a d'ailleurs ni enfant, ni portable : aucune attache !

En 1991, il découvre l'aventure lors d'une traversée à vélo du désert d'Islande, et il enchaîne, en 1993 et 1994, avec un tour du monde toujours à vélo, mais cette fois avec un copain de lycée, Alexandre Poussin. Ce sera « On a roulé sur la terre », écrit à deux. Il a parcouru la planète par tous les moyens de locomotion, mais surtout à pied ou à bicyclette, allant jusqu'au sommet de l'Himalaya (5000 kms en 5 mois). Ses voyages sur toute la planète le ramènent à ses voyages intérieurs et à des mots qu'il préfère de loin aux photos. Pour écrire, il lui faut voyager de par le monde. Pas un continent ne lui est inconnu et chaque pays représente une source d'inspiration. Il écrit que « la nature féconde le regard, le regard nourrit l'inspiration, l'inspiration engendre l'oeuvre ».

On ne peut que constater combien « Un été avec Homère » est un hymne à la nature. Il y compare les sirènes de l'Antiquité au Google d'aujourd'hui qui sait tout de nous !

Il a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle en 2009, pour « Une vie à coucher dehors » et le prix Médicis Essai en 2011 pour « Dans les forêts de Sibérie », où il raconte son expérience solitaire dans une cabane isolée durant plusieurs mois. Ce best-seller a été adapté en film réalisé par Safy Nebbou, avec Raphaël Personnaz comme alter ego.

En tombant d'un toit, Sylvain Tesson a eu un grave accident, entraînant huit jours de coma et de nombreuses fractures, mais, après un temps de rééducation, il a repris au plus vite ses habitudes de lecture, d'écriture, et même d'escalade, faisant davantage attention en s'équipant de cordes

Quoi qu’il arrive il continuera à voyager et à grimper ici ou là, et ainsi offrira à ses groupies des lectures toujours passionnantes. 

Caroline Boudet-Lefort

Art Côte d'Azur 

Assemblée Générale 2018

Bernard Fournier, le Président de l'Association des Amis de Jacques Audiberti a ouvert la séance comme chaque année avec un texte brillant. 

Audiberti riait.

Il riait à gorge déployée, de tel bon mot, de telle situation cocasse, de telle allure apercue, entendue au cours de ses pérégrinations parisiennes ou antiboises.

Audiberti riait.

« Je dois être le dernier bipède qui larmoie à force de rire. Au cinéma, les films comiques me rendent malade [...], je suis sans défense contre les calembours, bons mots et trouvailles ironiques. Je m'en délecte. »

« J'ai entendu ceci qui m'a [fait] rigoler comme une baleine d'eau douce. L'un dit : 'partir c'est mourir un peu ; l'autre dit : 'Partir c'est crever un pneu. »

« Audiberti riait. Il riait sans pouvoir s'arrêter, secoué des pieds à la tête, vidé, désossé par le rire.[...] le rire, le fou rire, c'était son point faible, son vice collégien. Non seulement les bons mots, les dessins farce, mais il lui arrivait de mal réprimer un sanglot d'hilarité en présence de la bouffonnerie des objets et des lieux à tenir leurs rôles respectifs. Les soudures frontières et transitions au sein de l'univers, il ne pouvait y songer sans se tordre. A contempler, dans un jardin public, la ligne circulaire exacte et sérieuse où un grand couillon d'arbre immobile quitte et rejoint le sol, il frisait la crise de nerf. [...] il s'esclaffait à perdre le souffle, prêt à exploser". »

Outre cette propension au rire, on sait Audiberti gourmand, vorace, comme une espèce d'ogre. Il a talent pour reprendre un terme occitan qu'il a employé pour titre d'un de ses romans. Il a « talent, comme ils disent dans le Cantal, et dans tout l'espace de la langue d'Oc. Talent... Désir... Appétit... J'ai la dent comme on dit dans les bistrots, et dans tout l'argot. J'ai faim. »

On sait aussi que son passé de tourneur lui a donné le réflexe de lire les précipités des agences d'information telle Havas et d'en repérer la situation cocasse. En cela digne émule tant de Benjamin Péret que de Félix Fénéon.

On sait aussi, bien sûr, qu'Audiberti est un passionné du langage et des mots ; des mots d'argot autant que des mots rares issus de tous les dictionnaires.

Alors, quand ces trois « talents », l'appétit, la vie et les mots se réunissent, on peut s'attendre à des réactions surprenantes ;

C'est ainsi que dans une lettre à Jean Paulhan, Audiberti évoque un fait-divers curieux : un homme a retrouvé, dans un pruneau d'Agen, une balle de fusil.

Et Audiberti de s'étonner de la co-existence d'un pruneau dans un pruneau.

Et Audiberti de rire.

Le style d'Audiberti c'est cette intense jubilation, cet extrême plaisir. Le style d'Audiberti, c'est ce coup de fusil, c'est cette situation cocasse, c'est ce jeu avec les mots. Le style d'Audiberti, c'est un pruneau dans le pruneau.

L’année 2017 fut, grâce à Nelly, précisemment une année jubilatoire avec le Cahier du Cinquantenaire et de l’anti-colloque, année jubilatoire avec le lancement du Prix Jeune Audiberti. Année jubilatoire, comme le style d’Audiberti    


Audiberti, lettre à Valery Larbaud du 10 janvier 1933, in L'Ouvre boîte, n° 5, pp. 3-5, 1976.

Jacques Audiberti lettre n° 155, 1938 à Jean Paulhan, in Audiberti/ Paulhan, Lettres, Gallimard 1997, p. 276.

Audiberti, lettre n° 34 à Jean Paulhan, début 1935, in Audiberti/ Paulhan, op.cit., p. 73.

Audiberti, Infanticide préconisé, 1958, p. 17-18. C'est évidemment le héros de l'histoire dont il est question ici, Romain Tapon, dont j'ai changé le nom avec celui de son auteur, tellement les deux en maints endroits de ce roman peuvent se confondent.

Audiberti, Talent, 1947, p. 131.

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Le Grand Prix Littéraire Jacques Audiberti 2017

Créé en 1989, le Prix Audiberti récompense chaque année un auteur dont l’oeuvre est en résonance avec l’oeuvre de Jacques Audiberti et fidèle à la culture méditerranéenne. Cette année, il a été attribué à Arturo Pérez-Reverte, de l’Académie Royale d’Espagne, pour l’ensemble de son oeuvre.

Star du roman d'aventures historiques en Espagne, Arturo Pérez-Reverte est l'écrivain espagnol le plus connu en France. 

Diplômé de Sciences Politiques et journaliste, il a été grand reporter de guerre pour la télévision espagnole notamment pendant la crise du Golfe et en Bosnie. Il en garde des souvenirs terrifiants, par exemple celui d'un « snipper » choisissant froidement qu'elle serait sa cible. La cruauté était partout et il lui a fallu admettre combien la condition humaine est cruelle et que le grand danger de notre époque est l'oubli. Nombre d'hommes ont vécu des horreurs (guerre d'Espagne, Titanic, sida,...), mais ils oublient et la vie continue dans un perpétuel recommencement. Chacun s'installe dans la tranquillité, oublie et reste calme entre deux catastrophes. Vivre dans une bibliothèque est donc pour Arturo Pérez-Reverte plus qu'un refuge. Ses romans sont une synthèse entre un pessimisme lucide et une allégresse vitale.

Lors de la remise du Prix, le Président du Jury, Didier Van Cauwelart, a rendu un vibrant hommage à Michel Déon, son prédécesseur, durant dix-huit ans, qui lui a cédé la présidence en 2007. Il a rappelé combien cet écrivain aimait les mots et disant que lire restera toujours un rempart contre l'obscurantisme. 

Si, au cours de cette remise de prix, il a été beaucoup question de la Méditerranée, berceau culturel commun de la France et de l'Espagne, par contre Audiberti a été quelque peu oublié. Il faut dire que l'univers d'Arturo Pérez-Reverte est loin de celui de l'auteur Antibois. Le choix de cet écrivain érudit et plein d'humour est cependant judicieux.  Issu d'une famille de pécheurs Arturo Pérez-Reverte a une passion pour la mer et la navigation. 

 S'il n'est pas sur son bateau avec lequel il s'est toujours mesuré à la mer, il s'immerge dans son bureau pour y écrire ses romans, entouré de livres et d'armes anciennes dont il fait collection. Il va de soi qu'un de ses auteurs préférés est Joseph Conrad, grand navigateur de par le monde, mais son favori reste Alexandre Dumas dont le style d'écriture est proche du sien et qu'il a lu en français pour en tirer toute la saveur. Francophile depuis toujours, il dit que, pour un Espagnol, la France est la terre d'exil naturelle, une seconde patrie de consolation. Essayer de déplacer le centre de gravité de l'Europe à Berlin lui semble un leurre, pour lui c'est et cela restera la France.

Son dernier livre paru en France, « Deux hommes de bien », transporte le lecteur à la fin du XVIIIe siècle. Deux membres de l'Académie royale d'Espagne doivent rapporter dans leurs pays l'Encyclopédie qui y est alors interdite. 

Des routes infestées de brigands et des auberges inconfortables précèdent leur arrivée dans un Paris libertin et culturel. Arturo Pérez-Reverte s'en donne à coeur joie dans son domaine privilégié, entre fiction et réalité historique. Sous la plume de ce francophile, l'esprit des Lumières brille intensément dans ce roman d'aventures où se retrouve la verve épique des « Trois Mousquetaires ».

Plusieurs des romans d'Arturo Pérez-Reverte ont été adaptés au cinéma ou à la télévision. Citons, entre autres, « Capitaine Alatriste » avec Viggo Mortensen, et « La Neuvième Porte » de Roman Polanski avec Johnny Depp, d'après « Club Dumas ». Avec une certaine ironie, il a jugé « pas mal ! » cette adaptation. Il est évident que le livre est toujours trahi par un film, aussi l'auteur doit-il laisser toute liberté au réalisateur.

Malgré un certain pessimisme Arturo Pérez-Reverte est un homme plein d'humour dont il truffe une oeuvre, à mi-chemin entre policier et roman historique avec par ci par là de pertinentes réflexions philosophiques.

Caroline Boudet-Lefort

Coeur à cuir, un rendez-vous avec l'histoire de Jacques Coeur

Comme une évidence. Alors qu'il a placé 2017 sous le signe de Jacques Cœur, le conseil départemental a ouvert ses portes à Double Cœur pour une lecture théâtralisée consacrée au grand argentier du roi Charles VII.

A l'occasion des Journées européennes du patrimoine, la salle du Duc Jean a servi d'écrin, les 16 et 17 septembre derniers, à deux représentations du Jeu de a vie et de la mort de Jacques Cœur. Le metteur en scène, Jean-Claude Penchenat, cofondateur du Théâtre du Soleil et ses comédiens prêtent leurs voix aux personnages de la pièce Cœur à cuir de Jacques Audiberti. Le poète et dramaturge du XXe siècle, avait fait de Jacques Cœur, homme à l'ascension exceptionnelle, le personnage central d'une pièce radiophonique adaptée il y a 50 ans au théâtre de Bourges. « Les 19 représentations rencontrèrent un tel succès que la pièce a été reprise à Paris, au Théâtre de l'Atelier », se souvient François Carré, Président de Double Cœur.

Avant d'éditer, en 2010, un livre-CD autour de la pièce de Jacques Audiberti, l'association qui œuvre pour la transmission de la mémoire de la décentralisation culturelle avait déjà proposé en 2006 cette lecture au Palais Jacques-Cœur  et à l'abbaye de Norlac.

BG

D'après Le Berry républicain du 5 septembre 2017

Personnage hors du commun, Jacques Cœur  demeure indéfectiblement lié à la ville de Bourges.

Comte de Monte-Cristo d'un autre temps,  il a connu lui aussi un parcours tout à fait exceptionnel, mais à la différence du héros d'Alexandre Dumas, sa vie fut bien réelle.

Grand poète et dramaturge du XXème siècle, Jacques Audiberti s'est saisi de cette figure emblématique pour en faire le personnage central de al pièce radiophonique Cœur à cuire ou la vie et la mort de Jacques Cœur présentée les 16 et 17 septembre dans ce magnifique écrin qu'est la salle du Duc Jean. Une succession de tableaux dans lesquels l'association Double Cœur a invité le public à suivre l'évolution du grand argentier. Une comédie, sous la forme d'une lecture à quatre voix, interprétée par Alexis Perret, Damien Roussineau, Claire Lamarre et Jean-Claude Penchenat qui signe la mise en espace de la pièce.

Plus qu'un spectacle, ce fut une véritable invitation à un rendez-vous avec l'histoire. Les quatre comédiens ont su restituer au travers de l'écriture poétique et truculente d'Audiberti, l'ascension, jusqu'au procès et la mort, d'un homme d'affaires du XVe siècle, pourtant si proche de nous.

D'après le Berry Républicain du dimanche 17 septembre 2017

Extrait de Coeur à cuir de Jacques Audiberti à Bourges septembre 2017

L'Assemblée Générale 2017

Bernard Fournier, Président de l'Association a ouvert cette assemblée par quelques mots:

Dans le cadre des célébrations du cinquantenaire de la mort d'Audiberti, en plus du très beau Cahier que l'Association fait paraître, élaboré principalement par Géraldine et Marie-Louise Audiberti et Nelly Labère, La Nouvelle Revue française va publier ce mois-ci quelques extraits de lettres d'Audiberti à Emile Condroyer, son condisciple au collège d'Antibes où l'on voit Jacques Audiberti en lycéen fou d'écriture et conscient de son style fou, écrire à son ami de très longues phrases enchevêtrées dans des parenthèses très longues.

 Dans ces lettres, on peut connaître un peu plus l'écrivain qu'il deviendra quand il nous fait la confidence de ses lectures au sommet desquelles trône Pierre Loti mais aussi Auguste Villeroy. Pourrons-nous, à partir de là, éclairer quelques analyses des romans d'Audiberti ?

 Mais, à côté de cet écrivain-né qui perce sous le lycéen, nous faisons connaissance avec un autre Jacques Audiberti impliqué dans le monde autour de lui.

Ce qui m'a le plus frappé dans cette époque et qui demeure en quelque sorte une énigme, c'est l'appartenance du jeune Jacques aux Boy-scouts.

Arrêtons-nous un instant sur cette image : Jacques Audiberti en uniforme, menant sa petite troupe à la baguette pour lui enseigner les rudiments de la morale...

Bien sûr, on peut rapprocher cette image de celle du jeune correspondant du Réveil d'Antibes et de ses vers bellicistes. Et nous aurions alors un portrait du jeune homme d'Antibes assez différent de celui que l'écrivain nous laisse parfois lire dans les quelques fragments autobiographiques qu'il nous donne.

 Replaçons le portrait de cet Eclaireur de France dans son univers, à savoir le bureau dont le lycéen fait une description assez précise à son ami Emile. Des livres, bien sûr, beaucoup de livres; mais aussi un tableau noir et un crucifix.

On apprend alors que notre adolescent pratique le piano, la pêche, la bicyclette et se prépare à faire des expériences de chimie.

A priori, il n'a pas fait exploser la maison.

Quoique.

Souvent, en effet, chez l'auteur, nous assistons, à des transformations de l'humain en un de ses avatars : dans Carnage, dans La Poupée, dans Monorail; ou bien encore on prend un personnage pour un autre : L'Ampélour, Le Mal court, Sa Peau, etc.

Mais alors, la déflagration d'un de ses tubes à essai n'a-t-elle pas aussi métamorphosé le boy-scout en poète ?

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Le Cahier du cinquantenaire

Le Cahier du cinquantenaire vient de paraître  pour un jubilé jubilatoire !

120 pages qui retracent les évènements qui ont émaillé le cinquantième  anniversaire du décès de Jacques Audiberti.

De Paris à Bourges, d'Antibes à Lozère (Coresse dans Dimanche m'attend), en passant par Reims et Avignon, Audiberti fut partout par ses pièces de théâtre, ses poèmes, ses peintures aussi.

Pour retrouver l'écriture d'Audiberti et tous les  passionnés de son œuvre, ce Cahier est un condensé de plaisir renouvelé.

 A commander auprès de l'Association des Amis de Jacques Audiberti, 11 rue Serpente 75006 Paris ou par e-mail à : amisdaudiberti@wanadoo.fr